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Vin & Spiritueux : racontez-vous !

EDITO – Manifeste pour un storytelling authentique des vins et spiritueux.

Né Bourguignon, amateur de vin, régionaliste de terroir, extrémiste du pinot noir élevé en fût de chêne, patriote des terres qui font pousser le raisin des Chablis, Pommard, Corton et autres appellations qui sonnent et sentent bon le fruit de la terre, le fruit de ma terre.

Aujourd’hui, le vin de Bourgogne n’a plus besoin de communiquer pour se faire connaître ou remarquer. Il ne représente qu’un faible pourcentage de la production de vins en France mais son goût si particulier en fait une denrée rare et recherchée.

Pourtant, lorsqu’il m’arrive de me perdre dans ces villages de vignerons, lorsque je descends dans l’une de ces caves voûtées dans lesquelles, chacune des pierres peut raconter une histoire d’un passé plus ou moins ancien.

Lorsque j’écoute les histoires de ces vignerons, qui cultivent la terre depuis des décennies, parfois de père en fils, voire d’arrière grand-père en petit-fils, je ne peux que constater qu’on perd une belle occasion de raconter le vrai, l’authentique, la sincérité.

En marketing, en parle de storytelling, mais là, il n’y a rien à raconter, l’histoire se raconte toute seule. Celle d’un quotidien, d’une proximité, d’un écosystème à part où l’accélération du temps n’a pas sa place et ne l’aura certainement jamais. Quoique l’on fasse, il n’y aura qu’une seule récolte par an. Il faudra laisser le temps au raisin de mûrir, grandir, s’enrichir de sucres, puis vieillir dans l’obscurité d’une cuve ou d’un tonneau.

Ensuite, il faudra le mettre en bouteille, et malgré l’impatience de certains, il sera judicieux de le faire vieillir encore, au fond d’une cave.

Je me souviens de “Titi”, bonhomme dont les heures, mois, années passées dans les vignes ont marqué le visage. Les dégustations y ont peut-être un peu contribué aussi, mais peu importe…

“Titi”, c’est Thierry Violot-Guillemard, sa petite taille, sa grosse moustache, sa jambe qui boite.

Thierry vous fait descendre dans les entrailles de la terre, il vous fait goûter, il vous raconte, se raconte, sa famille, ses vignes, son quotidien.

Il vous sert généreusement, et se ressert volontier également.

Il explique le bio, les Premiers Crus, et les autres, et parmi eux, les Rugiens. Les vins parlent d’eux-mêmes mais ses histoires viennent apporter des touches supplémentaires. Elles bonifient le nectar en lui apportant des notes d’humanité, d’humour et d’authenticité.

C’était il y a 2 ou 3 ans, je m’en souviens encore. J’ai toujours quelques bouteilles mais il faudra que je me perde à nouveau dans cette cave. Que j’écoute encore “Titi”. Je me dirai à nouveau que c’est un drame, qu’il faudrait filmer ces moments, les immortaliser, les prendre dans le vif de l’action, les diffuser sur Internet, sur un site et / ou sur les réseaux sociaux.

Chaque bouteille devrait-être accompagnée de son histoire dans l’obscurité d’une cave, avec la voix rocailleuse de Thierry.

Alors, oui, c’est vrai, il n’y aurait pas le charme du moment présent. Il n’y aurait pas tout ce qui fait la beauté d’être là, au fond de cette cave, avec les copains.

Mais, on pourrait déguster la magie d’une histoire pour se donner l’envie de venir la vivre. Un peu comme on déguste un fond de verre pour se donner envie d’en boire la bouteille…

Les vins, les spiritueux, ce sont, avant tout des histoires d’hommes et de femmes. Et même si quelques industriels et financiers avides s’accaparent de plus en plus de terres, il reste encore beaucoup de ces familles qui peuvent encore parler vrai. A eux de se mettre en lumière, et à nous, communicants, de les y aider.